MON ONCLE PATOF dans le Qui fait Quoi

TÉLÉVISION
«Mon oncle Patof», documentaire personnel et intime en postproduction

Sandrine Béchade, réalisatrice                                                  Photo: Daniel Villeneuve

En plus de « Le loup et le lion », un long métrage coproduit par la France et le Québec pour lequel Serge Desrosiers assure la direction photo et qui a vu son tournage être interrompu par le confinement, Vital Productions a dû poursuivre au cours des derniers mois le montage par visioconférence du documentaire « Mon oncle Patof », dont la livraison à Radio-Canada est prévue à l’automne 2020. Réalisé par Sandrine Béchade, le film est actuellement en postproduction. La réalisatrice et cofondatrice de la boîte de production basée à Sainte-Adèle a discuté avec Qui fait Quoi de cette expérience bien particulière.

« Nous avons eu la chance d’avoir tourné tout notre matériel avant Noël. Les monteurs étaient tous trop occupés alors nous n’avons pu commencer le montage qu’en février. Nous étions déjà sur le coup depuis deux semaines chez Mels quand ils nous ont annoncé qu’ils fermaient. Notre monteuse, Amélie Labrèche, a accepté de continuer de la maison. Elle était équipée et nous avons pu le faire, malgré le rythme plus drainant », raconte Sandrine Béchade.

Le moyen métrage documentaire de 52 minutes s’attarde à un personnage ayant marqué plusieurs jeunes Québécois dans les années 1970 : Patof. Prêtant ses traits à ce clown, le comédien Jacques Desrosiers a tenté de faire sa place dans le showbiz québécois tout en amassant une impressionnante fortune.

« Ça adonne que c’est l’oncle de Serge, explique la réalisatrice qui n’était pas familière avec le phénomène au moment de s’attaquer à ce projet. Comme c’est de la famille, nous avons accès à des archives. J’ai vu les foules et j’ai compris. Ça a marqué toute une génération. Mais j’avais ce recul pour mettre les choses en place. J’ai vite constaté que la plupart des gens avec qui a travaillé cet homme mort il y a 25 ans sont décédés ou très, très âgés. Donc, ce que nous avions de très fort, c’est la famille, l’aspect personnel. »

Elle a donc invité Serge Desrosiers à passer de l’autre côté de la caméra afin de mener sa propre quête. Le producteur et directeur photo va à la rencontre de ses proches et va même jusqu’à porter le fameux costume que personne n’a enfilé depuis plus de deux décennies.

Pour l’occasion, ce dernier n’a immortalisé que quelques plans captés dans un décor en studio. C’est Jean-Sébastien Desrosiers (aucun lien de parenté) qui a assuré la direction de la photographie.

« Ce n’est pas facile pour un directeur photo de lâcher-prise. Il ne pouvait pas s’empêcher de temps en temps de mettre la main à la pâte, s’amuse la réalisatrice. Je voulais que ce soit lui qui anime les discussions. Et il nous a agréablement étonnés. »

Sandrine Béchade promet un documentaire qui dresse un tableau du phénomène que fut Patof tout en essayant de comprendre ses origines. Il offre aussi un regard plus intime avec les amis du milieu (par exemple Dominique Michel) et une famille composée d’artistes. « On a le clown, mais aussi l’homme derrière sous toutes ses facettes professionnelles et personnelles. Je ne voulais pas faire un biopic. Je voulais faire un film personnel et émotif », résume la documentariste à propos du moyen métrage « Mon oncle Patof.

[Frédéric Bouchard]

Nouvelle 2 de 15 – Quotidien Qui fait Quoi – Le lundi 3 août 2020 No 5993

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