Serge Desrosiers et Pascale Bussière sur le plateau de Marécages

Marécages : l’audace de la vieille école – Qui Fait Quoi

Marécages, film produit par Roger Frappier, Luc Vandal et Félize Frappier, sort en salles à l’automne prochain. Réalisé par Guy Édoin dont c’est le premier long métrage, il met en scène un couple mythique : Pascale Bussières et Luc Picard. Le film s’est tourné en suivant une chaîne de postproduction très singulière puisqu’il n’a pas eu recours à l’intermédiaire numérique (D.I.).

Qui fait Quoi (QfQ) : Le « D.I. », intermédiaire numérique, est devenu une étape cruciale dans la finition d’un film. Comment prend-on la décision de s’en passer ? Serge Desrosiers (S.R.) : C’est un choix esthétique et tout à fait cohérent dans la démarche que nous avons établie avec Guy Édoin sur ses courts métrages précédents. Nous voulions une image absolument pure, sans manipulation. Disons « organique » ; je veux dire par là qu’elle doit se suffire à elle-même. Nous avons tourné dans une ferme laitière. Il fallait garder – à tous les niveaux de la fabrication du film (costumes, maquillage, direction artistique) – une approche naturaliste, proche du style documentaire. Même si nous tournions en scope avec des objectifs anamorphiques, le regard posé se devait d’être au plus proche du réalisme absolu. Prenons un exemple : dans une des scènes, Pascale Bussières va aider une vache à mettre au monde un veau. Rien n’est simulé. Nous avons attendu que la vache soit prête et nous n’avions pas droit à deux prises. L’expérience est surprenante. C’est quasiment du documentaire. Alors est-il nécessaire ensuite de faire des fenêtres (power Windows) et des dynamiques pour améliorer le plan ? Non. La séquence est belle dans son état brut. C’est du granit. On n’y touche pas.

Par Philippe Lavalette CSC

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14 mai 2011
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