La relève canadienne débarque à Cannes – Centre Phi

Le court métrage canadien se porte bien et peut compter sur une représentation de haut niveau avec ses œuvres de calibre international.

1- Marc-André Girard, auteur et réalisateur de 12 semaines

Quelle a été l’inspiration pour votre court métrage?
Ayant vécu deux fausses couches, je peux dire que ce sont des évènements très éprouvants pour un couple et une petite famille en devenir. C’est triste comme situation, ça fait mal et je trouve qu’on en parle peu, surtout que 10 à 15% des grossesses finissent en fausse couche. Même au sein de l’équipe du film, j’ai été surpris de constater le nombre de personnes qui avaient vécu ces moments ordinaires. Je suis convaincu que tous ont apporté leur touche personnelle à cette histoire, un brin de leur vie. C’est suite à la naissance de ma fille que j’ai décidé d’écrire 12 semaines et d’aborder le sujet, sans tomber dans le pathos. Au contraire, j’ai voulu laisser une petite lueur d’espoir pour ceux et celles qui vivent cette épreuve et je constate, suite aux projections du film, que ça touche beaucoup plus de gens que j’aurais pu imaginer.

Quel a été le plus grand défi durant ce projet?
Trouver le bon angle pour raconter cette tranche de vie, sans tomber dans le gros drame. Moins montrer la tristesse que le vide que ça crée lorsqu’on réalise, après 12 semaines, qu’il n’y a pas d’enfant qui va naître. Dans les premières semaines de la grossesse, sans trop le crier sur les toits, le couple commence à se créer des scénarios, des prénoms se présentent, une légère planification des chambres à coucher plane, on aborde avec notre premier enfant le fait qu’il va avoir un petit frère ou une petite sœur… et en l’espace d’une seconde, tout disparaît. À ce moment-là, le vide s’installe. Mon défi a été de raconter ce vide dans une histoire simple. Pour la suite, à partir du moment où Serge Desrosiers et Vital Productions ont embarqué dans l’aventure, tout a déboulé agréablement.

Comment se prépare-t-on pour Cannes? Quelles sont vos attentes?
Bonne question! Je pourrai répondre à mon retour, j’imagine! Pour le moment, je sais que je veux profiter de mon séjour à fond pour faire des rencontres, échanger avec d’autres réalisateurs, producteurs, programmateurs, les gens de Téléfilm Canada et de la SODEC. Voir des films, beaucoup de films, emmagasiner plein d’images… Finalement, je veux m’imprégner de cette belle folie qui entoure le festival et me donner des raisons de mettre des «petits kits propres»!

Sur quoi travaillez-vous en ce moment? Quels sont vos projets?
Je travaille à l’écriture d’un nouveau court métrage, Dixie. On aimerait bien le tourner l’automne prochain. Il y a également l’écriture d’un long métrage dans l’air. Je veux continuer à raconter des histoires à ma manière, peu importe le média utilisé, et trouver des prétextes pour réunir encore une fois tout ce beau monde talentueux, parce que je suis chanceux d’être si bien entouré!

Julie Champagne, Centre Phi

Centre Phi

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19 mai 2016
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